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PRD Manioc

Le manioc Manihot glaziovii présente de nombreux atouts pour la sécurité alimentaire et la santé économique de la République démocratique du Congo. Le projet vise à mettre le projecteur sur cette variété méconnue, mais prometteuse à travers un ambitieux programme de recherche et développement, coordonné par le Prof. Bruno van Pottelsberghe de l’ULB – Solvay Brussels School of Economics & Management.

Partenaires financiers

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Contexte

En RDC l’agriculture paysanne occupe 70 % de la population active et ce secteur concourt à 19 % du PIB en 2021. La principale culture est celle du manioc qui génère jusqu’à 86 % des revenus du ménage agricole. Le manioc est aussi l’aliment de base de plus de 90 % des Congolais et la RDC le premier pays consommateur de feuilles de manioc au monde. Le pays est également producteur, avec près de 46 millions de tonnes de racines récoltées en 2021. La culture du manioc est donc essentielle pour la sécurité alimentaire et la santé économique de la RDC.

Deux types de manioc sont consommés en RDC : le Manihot esculenta et le Manihot glaziovii. Le premier domine très largement le marché, car tant ses feuilles que ses tubercules peuvent être consommés. Quant au second, ce sont uniquement ses feuilles qui sont comestibles. Celles-ci sont très demandées et peuvent être produites et consommées toute l’année, ce qui en fait un élément important pour les périodes ou le M. esculenta n’est plus disponible sur les marchés.

Objectif

Promouvoir, structurer et renforcer les chaînes de valeur des feuilles de Manihot glaziovii, un manioc peu cultivé, mais à haute valeur nutritive et très demandé par les consommateur·trices de la RDC, grâce aux recherches de trois doctorant·es.

Zone d’intervention

Enjeux

  • Qualité et prix des produits bruts : la filière doit garantir que les produits qui arrivent sur les marchés rencontrent les critères de qualité requis, tout en s’assurant que la valeur ajoutée soit répartie équitablement.
  • Qualité des produits transformés : les processus de transformation et de conservation des feuilles doivent être étudiés. En effet, les feuilles nécessitent un processus de transformation précis pour éliminer les composés cyanogènes, ainsi qu’un processus de conservation efficace pour pouvoir être consommables au-delà des 48h après la récolte.
  • Identification des variétés et des méthodes de culture : les variétés de M. glaziovii doivent être explorées afin de trouver les plus productives et les plus résistantes aux maladies. Les méthodes de culture doivent également être optimisées.

3 thèses pour y répondre :

  • Thèse en socio-économie, encadrée par le Prof.Bruno Van Pottelsberghe de l’ULB
    et par le Prof. Papy Bonkena de l’UNIKIN.
    Cette recherche vise à étudier et dynamiser une chaîne de valeur équitable et inclusive de M. glaziovii. Les résultats seront discutés avec toutes les parties prenantes, afin d’éviter les goulots d’étranglement du développement de la filière.
  • Thèse en sciences de la nutrition, encadrée par le Prof. Nicolas Korsak de l’ULiège, la Prof.
    Rosette Kabwang de l’UNILU et le Prof. Pierre Duez de l’UMONS.
    Cette recherche permettra de tester un certain nombre de techniques de transformation et de conservation pour évaluer la qualité sanitaire des aliments produits. Ces tests seront réalisés tant en conditions contrôlées (laboratoires), qu’en conditions réelles (dans les villages de production).
  • Thèse en agronomie, encadrée par le Prof. Edouard Ilunga, la Prof. Marie-Hortense
    Manyonga Madika de l’UNILU et le Prof. Pierre Duez de l’UMONS.
    Cette recherche visera à caractériser les lignées de M. glaziovii, tant au niveau qualitatif (valeur nutritive, toxicité, tolérance aux stress biotiques et/ou abiotiques) que quantitatif (productivité).

Bénéficiaires

  • Les producteurs et productrices de M.glaziovii
  • Les transformateurs et transformatrices de M.glaziovii
  • Les distributeur.trice.s (commerçants, détaillants,..) de M.glaziovii
  • Les familles des agriculteurs de RDC
  • Les ménages consommateurs de feuilles de manioc en RDC et hors RDC
  • L’État congolais et la population dans son ensemble

Le rôle d’ULB-Coopération

ULB-Coopération articulera les recherches avec les besoins et réalités des exploitations agricoles familiales en RDC. En effet, si des techniques ou itinéraires techniques peuvent être corrects ou pertinents d’un point de vue scientifique, ils ne répondent pas toujours aux contraintes locales.

Les variétés caractérisées par les agronomes seront donc testées dans les Champs Ecole Paysans (CEP) du Kongo-Central, en combinant différents itinéraires techniques agroécologiques. Les paysan·nes seront aussi impliqué·es dans la définition des critères d’évaluation des variétés.

Les processus de transformation et de conservation seront également testés en conditions réelles avec les mêmes membres de ces CEP. Les échantillons seront envoyés en laboratoires, et comparés aux échantillons obtenus dans les conditions contrôlées.

Partenaires opérationnels

 

 

Budget

498.315,40 €

Durée

2024-2027

 

Personnes de contact : Ernest MUANDA et Florian DELESPESSE 

En quelques images