Img 0804

Systèmes alimentaires durables et gestion des ressources naturelles au Sénégal

Au Sénégal, avec le financement de la coopération belge, le consortium Uni4Coop (ULB-Coopération et Eclosio) oriente ses actions vers la mise en place de systèmes alimentaires durables et la gestion des ressources naturelles. À travers l’agriculture, l’apiculture et la transformation des fruits et légumes, c’est l’amélioration des revenus, particulièrement ceux des femmes, qui est visée via la promotion et l’adoption de pratiques agroécologiques.

Contexte

Au Sénégal, malgré l’importance du secteur primaire, de ses potentialités agro-pastorales et des efforts réalisés dans le cadre de récents programmes visant l’autosuffisance alimentaire (PRACAS, PNAR, etc.), les populations restent fortement dépendantes des importations. Deux facteurs expliquent cette dépendance alimentaire : i) le faible prix des aliments importés et ii) la croissance démographique de 2,5%/an conjuguée au taux d’urbanisation de 3,3%/an, qui entrainent une augmentation de la demande, particulièrement dans les grands centres urbains.

En outre, l’attractivité du milieu rural et du secteur agricole reste limitée. Les contraintes de l’agriculture sont fortes et le développement de chaînes de valeur ajoutée peut être compliqué. L’insertion des jeunes ruraux ainsi que la reprise et modernisation des exploitations familiales par ces derniers constitue un défi majeur pour des systèmes alimentaires durables.

Les femmes occupent une place importante dans l’agriculture sénégalaise. Bien qu’elles ne constituent pas un groupe social homogène, un certain nombre d’enjeux leurs sont communs :

  • Sur la question foncière, tant au niveau social que culturel, les femmes sont globalement désavantagées comparativement aux hommes. Malgré la loi sur le domaine national, elles n’ont pas un accès égal à la terre. Dans un contexte marqué par les privatisations, la pression et la spéculation foncière, cette inégalité́ tend à se renforcer.
  • Le travail des femmes se partage entre obligations domestiques et activités productives. Si les femmes constituent un pilier pour la famille, souvent, leur rôle n’est pas reconnu et ne leur donne pas accès à la prise de décision.
  • Ce sont en général les femmes qui s’occupent des suites de la production agricole. Les surplus sont soit gardés pour l’autoconsommation, soit orientés vers la vente (et donc parfois transformés), contribuant dans les deux cas à la consommation du ménage.

 

Localisation

Le Sénégal oriental (Périphérie du parc Niokolo Koba) ; Axe Mbour/Fatick

Objectif

Les producteurs·trices développent des systèmes alimentaires durables et inclusifs, contribuant à la protection et à la restauration des agrosystèmes et de leur territoire.

Activités

Dans le Sénégal oriental :

Le partenaire local Am Be Koun – Solidarité (ABK-S) renforce les GIE les plus dynamiques, principalement par un :

  • Appui technique : matériel de maraichage, clôtures, puits, unités de transformation, miellerie et apiculture moderne
  • Appui organisationnel : appui à la gestion administrative et financière

Les actions du projet sont concentrées à la périphérie du Parc du Niokolo Koba (PNNK) et contribuent à la préservation de cette aire protégée.

Sur l’axe Mbour/Fatick :

L’ONG locale APAF Sénégal propose à des exploitants familiaux un programme inédit d’agroforesterie afin d’améliorer les rendements des cultures de manière écologique et durable. En plus des exploitations familiales, APAF accompagne des GIE de femmes dans la culture maraichère et les populations autour de la forêt classée de Mbédap pour une meilleure préservation de cet espace de biodiversité en péril.

 

 

Formation

Afin d’augmenter leur robustesse et la pérennisation des projets, les ONG partenaires locales participent à des formations en gestion administrative et financière ainsi qu’en suivi et évaluation de projets avec l’utilisation d’outils numériques tel que Kobocollect.

Approche territoire et universitaire

Aller vers des systèmes alimentaires durables nécessite une lecture holistique des territoires. Pour ce faire, nous utilisons notamment l’outil TAPE de la FAO (Tool for Agroecology Performance Evaluation) qui permet d’adapter les projets en fonction du niveau de transition agroécologique auquel un territoire se situe. L’outil WEAI (Women’s Empowerment in Agriculture Index) viendra en complément du TAPE pour aider à améliorer le niveau de contrôle que les femmes ont sur des éléments importants de leur vie dans le ménage, la communauté et l’économie.

En sa qualité d’ONG universitaire, ULB-Coopération Sénégal va s’ouvrir aux universités, notamment l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) pour la co-conception d’outils et de savoirs et/ou l’actualisation de savoirs et savoir-faire ancestraux pour une meilleure transition agroécologique dans les territoires. Des stages et mémoires de master sont proposés à l’UCAD mais également à l’Université libre de Bruxelles et à la faculté de Gembloux Agro-Bio Tech pour une contribution de la recherche dans ce programme.

Impacts

Le programme veut contribuer à la promotion d’une transition vers des systèmes alimentaires durables au sein desquels les populations rurales participent à la protection de leur écosystème et s’inscrivent dans un modèle d’économie durable tenant compte des capacités socio-écologiques des territoires. Nous renforçons la sécurité alimentaire, nutritionnelle, économique et sanitaire des producteur·trices et ménages des zones d’intervention, en particulier des femmes et des jeunes. Ce renforcement concourt à améliorer durablement les conditions de vie de ces populations, encore marquées par une forte prévalence de la pauvreté et les faibles performances du secteur agricole.

Partenaires opérationnels

Am Be Koun – Solidarité 

APAF Sénégal

 

Partenaire financier

Logo DGD

 

Budget & durée

1.488.008 €

Janvier 2022 – décembre 2026

Personnes de contact : Ousmane Niang et Clémence Vanommeslaeghe

En quelques images