CSMU Kyeshero
10/01/24

Les usager·es du CSMU de Kyeshero prennent leur santé en main

Début novembre, dans la zone de Goma, 4 forums sur les droits et devoirs des patient·es ont rassemblé 322 usager·es du Centre de santé médicalisé urbain de Kyeshero (CSMU), en vue de renforcer leurs connaissances et leurs capacités d’action, en tant qu’acteur·trices des soins de santé.

Au cours des discussions, les participant·es ont noté que certains de leurs droits, comme le droit au suivi à domicile, au choix du soignant, à l’accompagnement des soins ou à la position de patient-partenaire, avaient été bafoués. Face à ces situations, iels ont déclaré ne pas entamer le dialogue avec les structures de santé et recourir à des solutions plus radicales, comme partir, changer d’institution, appeler la police ou saisir le parquet.

Le partenariat patient·e-structure est pourtant essentiel à l’amélioration du système de santé public, en particulier au premier échelon. Dans la ville de Goma, la population fréquente d’abord les officines pharmaceutiques (51%) loin devant les structures sanitaires intégrées de leurs aires de santé (7%). En outre, l’offre de soins y est dominée par des établissements de soins privés lucratifs (65%).

À l’issue de ces forums, 8 groupes de représentant·es (leaders d’opinion communautaires et/ou religieux) ont été créés pour les 14 quartiers voisins du CSMU de Kyeshero, afin d’améliorer l’information des usager·es. En décembre, ces représentant·es ont été formé·es au rôle des CSMU et de la dynamique communautaire, ce qui a amélioré significativement leurs connaissances sur le triple regard, l’approche centrée sur la personne ainsi que les facteurs déterminants et les bonnes pratiques en matière de santé (38% de bonnes réponses au test avant la formation, 70% après).

À la fin de la formation, les groupes de réflexion de 6 quartiers ont chacun élaboré un plan d’actions pour résoudre les problèmes identifiés à la fois dans le CSMU (faible capacité d’accueil d’un service, insalubrité des toilettes, manque de poubelles, retards des médecins, etc.) et dans leur communauté (eaux stagnantes, déchets dans les rues, absence de toilettes publiques, etc.).