infirmerie
14/12/21

Témoignage de Philippe Tinsy

PhilippeCertain·e·s expert·e·s effectuent des missions rapprochées, d’autres, comme Philippe Tinsy, infirmier chef de service à Erasme, ont l’occasion de percevoir les changements de manière manifeste, revenant cinq ans après une première mission exploratoire !

« Je suis parti en 2015 et en 2020. La première était une mission de support en vue de la réorganisation hospitalière de l’HPNK, assez généraliste, nous avons examiné l’approvisionnement en médicaments, les soins, le département infirmier, les difficultés rencontrées par le personnel, l’administration, l’attractivité de l’hôpital… Elle a donné lieu ensuite à des missions plus précises de renforcement de la gestion hospitalière, notamment l’amélioration de la gestion financière. En 2020, j’y étais pour un projet de qualité des soins au département infirmier à l’HPNK.

Le contexte local était très différent : en 2015, l’hôpital manquait cruellement de patients. La population n’avait pas confiance dans la structure, pour diverses raisons. Après cinq années de travail, un réel renforcement de la gouvernance, des changements d’organigramme et bien d’autres questions travaillées, l’hôpital était presque à saturation !

 Je suis entré dans le projet sur proposition d’Erasme, qui avait créé une cellule de l’hôpital, Erasme Coopération, et cherchait un infirmier. Mon master en gestion hospitalière était un atout. Agir en coopération n’était pas une volonté planifiée de ma part, mais je suis revenu de ma première mission enthousiaste : on se sent très utile. On a aussi le bonheur de recevoir des retours positifs, de la reconnaissance. En 10 jours, j’ai réalisé que j’étais capable de produire quelque chose d’utile pour un hôpital. C’est très valorisant. Puis évidemment, j’ai découvert l’univers de Goma, tellement différent. Bien sûr, une grande pauvreté mais aussi des pathologies qu’on ne rencontre pas ici. Des détresses humaines. Dès lors, on est heureux de pouvoir apporter sa pierre à l’édifice. Au niveau personnel, c’est gratifiant, et on en sort grandi. Ça m’a remis en contact avec mes valeurs, donner du temps et faire le maximum pour aider. De l’humanisme en fait. »