Rosine
14/12/21

Témoignage de Dr Rosine Lejeune

RosineDr Rosine Lejeune est médecin spécialiste en gynécologie obstétrique, hôpital Erasme.

« L’objectif initial était de diminuer la mortalité maternelle. Il était donc important que des échographistes soient capables là-bas d’effectuer du dépistage anténatal. Nous étions deux médecins, Dr Siham Zaitouni, pour son expertise en  échographie obstétrique/médecine fœtale et moi, spécialisée en échographie gynécologique/obstétrique, et avons effectué plusieurs courtes missions, dont le contenu s’est adapté au fil du temps. La première nous a permis de remettre deux appareils échographiques en ordre, et de comprendre en quoi l’utilisation de ce matériel était problématique, donc identifier là où les renforcements étaient nécessaires. Nous avons commencé la formation de base d’étudiants médecins, sages-femmes, gynécologues. En tout, une trentaine de participant·e·s recevaient en alternance une formation théorique et une formation pratique. Nous avions emmené beaucoup de matériel didactique, difficilement trouvable sur place. Chaque soir, avec Dr Zaitouni, nous adaptions le programme de la journée suivante, grâce notamment aux retours informels reçus durant les pauses. Réaliser ces missions à deux est une réelle plus-value, on se nourrit mutuellement, on réfléchit ensemble, c’est très stimulant !

 Une des missions suivantes a été une étape plus loin dans le renforcement des capacités locales : nous avons identifié des pratiquants qui pourraient devenir eux-mêmes formateurs en échographie de base par la suite. Nous les avons outillés en pratiques pédagogiques. COVID est venu interrompre la configuration envisagée, qui était d’effectuer un suivi pour réajuster et épauler les formateurs et formatrices. Un groupe WhatsApp a été créé et permet de maintenir le soutien et les conseils cliniques à distance.

 Mes missions à Goma n’étaient pas mes premières missions d’appui. Elles me permettent de voir les choses autrement, de comprendre les collaborations différemment.

Vivre le fait que j’ai des choses à apporter et que les personnes rencontrées ont aussi énormément à m’apporter, ce sont des échanges très riches humainement. C’est gratifiant, on sent réellement notre utilité et la reconnaissance de celles-ci. On voit aussi qu’avec peu de moyens, il est possible de démarrer des projets, en se calquant sur les besoins, les demandes.

Cette expérience nous a aussi permis de mieux accueillir les médecins étrangers qui arrivent en Belgique, parce qu’on comprend un peu le contexte d’où ils viennent. Cela permet aussi de prendre le temps de voir la médecine autrement, de replacer certaines priorités.»