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14/12/19

LUTTE COORDONNÉE CONTRE LA PÊCHE ILLICITE DANS LE GOLFE DU BÉNIN

La pêche illicite est un fléau dans le Golfe de Guinée. ULB-Coopération et l’association Eco-Bénin figurent parmi les membres fondateurs du collectif des deltas du Golfe du Bénin, dont une des missions est de préserver les écosystèmes marins et côtiers.

Depuis 1999, l’ONG Eco-Bénin articule ses projets autour d’une meilleure conservation de la biodiversité du pays, en impliquant la population locale. Elle est également engagée dans plusieurs actions favorisant l’écotourisme. La protection des mangroves, la diffusion des foyers améliorés (permettant de consommer moins de bois et de réduire les émissions de carbone), mais aussi la formation des jeunes et les actions de plaidoyer sont ainsi au cœur de son quotidien.

Gautier Amoussou, coordinateur d’Eco-Bénin, était récemment à Bruxelles et nous a partagé les conclusions d’un atelier international sur la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), qu’il a organisé en octobre dernier. Les sessions ont permis de mettre en lumière le décalage considérable entre les réglementations des différents pays du Golfe du Bénin. La force navale béninoise, les administrations des pêches et les préfectures maritimes béninoises et togolaises, des ONG internationales (Uni4Coop et Sea Shepherd) et locales (intervenant dans les pays côtiers proches du Bénin : Nigéria, Togo, Ghana et Côte d’Ivoire) ont activement contribué aux débats. Des pistes de solutions appropriées et innovantes ont émergé, entre autres la nécessaire conscientisation des magistrats à la problématique, à travers une formation aux réglementations relatives aux ressources maritimes. En effet, lorsqu’un navire pêche illégalement dans ce Golfe, les pénalités appliquées par les États du Golfe du Bénin varient considérablement d’un pays à l’autre, de 50.000 USD au Bénin à 4.000.000 USD au Ghana ! Le caractère non dissuasif des amendes au Bénin le rend plus vulnérable à la pêche illicite. Le manque de moyens, de ressources logistiques et technologiques rend la surveillance efficace des zones côtières impossible. C’est pour appuyer les forces navales béninoises dans le contrôle des bateaux de pêches les patrouilles régulières dans la zone maritime, que la contribution l’ONG Sea Shepherd intervient utilement. L’atelier, outre les constats posés, a permis de jeter les bases d’une indispensable une approche inter-étatique concertée, tant pour la mise en place de réglementations, que pour la surveillance ou encore les sanctions à appliquer aux contrevenants.