COP: Origine, enjeux et perspectives

L’actualité mondiale est chaque année rythmée par les « COP », manifestations, négociations et débats autour des changements climatiques. Parfois trop techniques ou d’apparence pas assez proches de nous, on pourrait s’y perdre. Qu’est-ce qu’une COP ? Pourquoi une COP ? Quels sont les impacts de la COP23 ? Tentatives de réponses…

Bref historique

En 1992, lors du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro, l’Organisation des Nations Unies (ONU) a décidé de se doter d’un cadre d’action contre le réchauffement climatique. La CCNUCC (Convention Cadre des Nations -Unies sur les Changements Climatiques) réunit presque tous les pays du mondes, qualifiés dans ce cadre de «parties ». D’où la COP, Conference of Parties. Les représentants des parties se réunissent une fois par an depuis 1995 pour discuter et entériner des accords sur la réduction des gaz à effet de serre. Ils évaluent également l’évolution de leurs engagements et réorientent leurs objectifs, grâce notamment à la participation des représentants d’organismes non-étatiques, ONG, collectivités territoriales ou groupes scientifiques.

25 ans et quelques tournants majeurs

Le protocole de Kyoto, en 1997, engage les 37 pays signataires à la réduction de 5 % de leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 1990. Premier bémol, seuls des pays développés ratifient le texte. Or il apparait vite qu’il est nécessaire d’impliquer toute la planète pour atteindre ces objectifs. En 2009, à Copenhague, la fameuse valeur de 2° C est évoquée : les parties s’engagent à une réduction des émissions de gaz à effet de serre pour limiter la hausse globale moyenne de la température de la planète à 2 °C. D’autre part, les pays dits riches, par l’entremise des « fonds verts » adhérent à l’objectif de verser 100 milliards de dollars par an aux pays en développement d’ici 2020 pour financer leurs actions de lutte contre le changement climatique. Le très médiatisé Accord de Paris signé en décembre 2015 lors de la COP21, revêt un caractère historique du fait de son universalité : il dépasse les clivages pays développés/pays en voie de développement. Il reconnaît l’essentielle complémentarité entre adaptation et atténuation, ainsi que l’importance des pertes et dommages. Il prévoit un cycle de révision de l’ambition tous les 5 ans. Enfin, l’accord de paris fixe trois objectifs ambitieux :

- Contenir l’élévation de la température en dessous de 2°C et poursuivre les efforts pour limiter cette élévation à 1,5°C (nous nous situons aujourd’hui entre 3,8° C et 4,8° C) ;

- Renforcer les capacités d’adaptation en promouvant la résilience et un développement à faible émission ;

- Rendre les flux financiers compatibles avec un développement bas carbone.

COP 23 ?

La COP 23, 23ème du nom qui a eu lieu en novembre 2017 à Bonn, s’est donné pour principal challenge d’opérationnaliser les accords de Paris et d’arriver à une structuration du financement international. Cette COP, sous la présidence des îles Fiji, a présenté quelques résultats satisfaisants. Les objectifs du 2° C et 1,5° C ont été fortement resoulignés, le rôle de la société civile s’est vu renforcé, le genre a été mis au cœur des préoccupations et le fonds pour l’adaptation a émergé. L’UE et la Belgique se sont enfin engagées à ratifier l’amendement de Doha qui les oblige à réduire d’au moins 40 % leurs émissions de gaz à effet de serre. D’autres faits sont moins encourageants. Ainsi, Les États-Unis ont annoncé leur retrait de l’accord de Paris, sérieux coup symbolique à l’ambition climatique. « Cependant, nous explique Dominique Perrin de l’Agence Wallonne pour l’Air et le Climat, il n’y a pas eu que des répercussions négatives. Le négociateur américain ayant été un peu marginalisé, le retrait des USA s’est transformé en opportunité, car des pays qui a priori n’étaient pas des alliés, ont choisi de faire front avec l’Europe sur la question climatique contre les USA. C’est le cas de la Chine. ». Il faut aussi mentionner que certains états américains opposés à la politique de leur Président participent de manière indépendante à l’alimentation de plusieurs fonds pour le climat, à des niveaux loin d’être anecdotiques.

Et la Belgique ?

Les autorités belges se réjouissent de l’action de la Belgique qu’elles illustrent par le nombre de belges impliqués dans les réseaux d’experts européens et dans les conseils d’administration des Nations-Unies, sa réactivité dans la ratification de l’amendement de Doha, son engagement à imposer un moratoire à toute nouvelle centrale traditionnelle au charbon et sa volonté affirmée de fixer des objectifs ambitieux. La société civile est plus critique et relève que la Belgique n’a pas augmenté ses engagements financiers de 50 millions d’euros par an en faveur du climat depuis Copenhague en 2009 (COP15), supposés croître afin d’atteindre les 500 millions par an à partir de 2020.

ULB-Coopération aussi, à son échelle !

En partenariat avec l’association Climate Express, ULB-Coopération s’est jointe aux 25.000 personnes présentes à la COP23 afin de témoigner activement d’une volonté d’agir pour le climat. Nous faisions donc partie des 350 cyclistes qui ont parcouru la distance Bruxelles-Bonn à vélo.

Brèves impressions d’un cycliste ULB-Coopération

« L’idée d’associer un voyage à vélo avec un engagement pour une cause environnementale m’a tout de suite plu. J’ai un sentiment de fierté d’avoir réalisé cette distance à vélo (300km) et d’avoir pu concrétiser une action, même minime, pour changer nos comportements ! Dans mon comportement personnel, je fais des efforts permettant lutter contre la pollution de l’air et de l’eau en milieu urbain. Voir tout ce monde mobilisé à la COP23, ça montre que les actions à grande échelle sont aussi possibles ! »

Photo : Vincent Vercruysse

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